Jamais, je n'ai fantasmé sur le prince charmant, ou l'homme idéal. J'ignore si cette lucidité y est pour quelque chose, désormais, je suis la seule en couple, à l'opposé de mes copines.

Je prête love, avec son accord, pour les aider à déménager ou à faire une réparation à domicile. Mais dernièrement, j'assiste à une étrange régression dans le comportement de ces filles, quasi quinqua. Elles préfèrent solliciter un homme mûr, bien qu'elles disposent de potes ou de collègues serviables et fringuants. Alors, elles sonnent love pour rénover entièrement leur intérieur, ou même dépanner leurs amis.

Love est une valeur sûre, parce qu'ouvrier confirmé dans le bâtiment. Mais il n'a pas plus envie que moi, d'assister mes copines, pour un oui, pour un non. J'ai l"impression d'observer le vieux jeu de rôles 'moi, Jane' et 'lui, Tarzan', où une femme croit ne rien être sans homme. La faute peut-être à l'éducation, au retour d'âge ou à la solitude.

Je sais changer un pneu crevé ou une ampoule grillée, fixer une petite étagère au mur avec perceuse et chevilles. J'aime me débrouiller, je demande quand je ne sais pas. Et j'apprends. Pourquoi des femmes qui ont du vécu, demeurent coincées dans un schéma sexiste qui affaiblit leur confiance en elles ?

Je vais leur proposer de revoir Shrek 3 ou 4, dans lequel les princesses se rebiffent. J'espère que le message passera, je ne connais aucun garçon qui galoche une demoiselle, pour la ramener à la raison.